On continue notre recherche des
oeuvres signées par les disciples du plus grand sculpteur africain du vingtième
siècle, Muta Mayola. Cette fois dans le sud de la France, on tombe sur un
ensemble exceptionnel de neuf têtes géantes signées Benoit Konongo. Neveu de
Mayola, Konongo a été le premier sculpteur africain à recevoir des commandes du
pouvoir colonial, du gouverneur Félix Eboué en particulier. La France était
alors occupée et Brazzaville était la capitale de la France libre.
Jonathan Bougard continue sa recherche des sculptures de l'école de
Muta Mayola.
Cette fois, entre autres merveilles, il tombe sur un
exceptionnel cortège royal en ébène de sept personnages travaillés en facette,
dans la meilleure veine de Grégoire Massengo. Outre la qualité de cet ensemble
du début des années 1950, ce qui est exceptionnel est qu'il soit complet de ses personnages et de ses
accessoires (pipe, sceptre, lances et trône ambulatoire). On trouvera également
une caisse de statuettes en ivoire d'une grande finesse, dans une cave du
vingtième arrondissement parisien. Ce type d'objets en ivoire, désormais
interdit à la vente, pose problème à ses propriétaires et se trouve ainsi
souvent remisé à la cave ou au grenier.
La dame a hérité de ces objets congolais de ses parents
installés au Cameroun durant la période coloniale, ce qui illustre bien la
question de la circulation des objets sur le continent africain.
Visite chez les artistes et collectionneurs d'arts premiers Guillaume Tel 4 et Sophie Nédorezoff au cœur de Paris, autour de la statue d'un fumeur de pipe congolais signé Grégoire Massengo, un des pères de la sculpture congolaise moderne.
Depuis 1999 Guillaume Tel 4 et Sophie Nédorézoff animent l'association Trait, Reflet, Action, Contraste, Espace, Singulier (Traces), projet de «décloisonnement de l'art, d'ouverture à toutes les tranches d'âge, de fidélisation via une démarche qui ne tient pas de l'ordre de la consommation». Dans ce cadre ils organisent gratuitement des cours de dessins pour tous à Paris et ailleurs.
Captation de la rencontre littéraire avec Jean-Luc Aka-Evy
et Souleymane Bachir Diagne jeudi dernier au salon de lecture Jacques Kerchache
du Musée du quai Branly - Jacques Chirac autour de l'ouvrage "Le cri de
Picasso, les origines nègres de la modernité", de Jean-Luc Aka-Evy, publié
chez Présence Africaine Editions, dans la Collection La Philosophie en toutes
lettres.
Si ce n'est pas le propos de son ouvrage, dans ses réponses
aux questions du public, Aka-Evy a tenu un discours dépassionné sur la question
de la restitution des objets anciens, qu'il considère comme des oiseaux
migrateurs.
Il sera présent au Salon du livre africain de Paris ce
week-end, où il prendra la parole dans la salle de conférence dimanche
après-midi, toujours en compagnie de Souleymane Bachir Diagne.
Devant des sculptures de Mara et des oeuvres graphiques de Sam Szafran
Avec Laurent Périchon, spécialiste des tigres et héritier d'un ensemble de sculptures congolaises
Une toile d'Henriette Lorimier
Comment début 2022, en poursuivant mes recherches en France
sur le sculpteur polynésien Vaiere Mara, mais aussi Henriette Lorimier et les
femmes peintres du début dix-neuvième, après que le peintre Vincent Greby m'ai
fait découvrir un masque congolais en wengé signé Grégoire Massengo, dans une
cave de Bagneux je suis tombé sur un buste signé Muta Mayola. Mayola le plus
important sculpteur congolais du vingtième siècle, dont on pensait toutes les
oeuvres disparues. En même temps que sur un ensemble d'oeuvres de ses élèves et
neveux Grégoire Massengo, Benoit Konongo et Edouard Malonga. Les pères de la
sculpture congolaise moderne, principaux représentants de l'école de Muta
Mayola.
Découverte d'un buste signé Muta Mayola dans une cave de Bagneux
Statue en wengé
Début 2022 je commençais à me retrouver avec un important
stock de tableaux (vous en verrez une partie, quelques oeuvres de Sam Szafran,
d'Henriette Lorimier, de Jules Badin et de Jules Girardet) et Gilles Broussaud,
le peintre, performer et vidéaste, a eu l'idée de filmer mes recherches. Il
trouvait la démarche intéressante. Depuis plusieurs dizaines d'heures d'images
se sont accumulées, beaucoup trop de matière pour un documentaire classique.
Diviser tout cela en chapitre indépendants les uns des autres s'est vite
imposé, comme l'école du sculpteur Muta Mayola s'est vite imposée comme le
sujet central de la série de vidéos.
Le buste en wengé signé Muta Mayola
Un certain nombres d'autres chapitres suivront, dont le fil
rouge sera la découverte de sculptures africaines souvent remisées dans des
caves où des greniers, parfois en salle des ventes.
Au final on conservera seulement l'essentiel de ces épisodes
dans un long film, mais pour l'heure les recherches continuent...
Images Gilles Broussaud et Jean-François Vaca.
Cinquième chapitre du documentaire inédit l'école de Muta
Mayola